Scandale Véolia: une eau qui tue

Publié le 19 sep 2017 dans Enquêtes

Anne a acheté une petite maison à la campagne, voilà 4 ans, pour avoir une vie saine. C'était sans compter les canalisations d'eau polluées et dangereuses. Récit d'un scandale d'eau contaminée. En France. 

 

Parçay-Les-Pins, dans le Maine-Et-Loire. Anne et son compagnon achètent une petite maison à la campagne. Anne souffre d'un cancer très rare. Un cancer avec une tumeur de type Neuroendocrinienne. Des métastases se placent dans le foie. 2 transplantations en 2008 et 2010. Anne aspire désormais à respirer l'air frais de la campagne. Nous sommes en septembre 2013. L'aménagement se passe sans encombre. Mais début 2014, des techniciens de laboratoire viennent faire des prélèvements d'eau de sa cuisine. Anne a beau les interroger, elle n'obtient aucune réponse. Quelques semaines plus tard, elle voit débarquer dans son jardin, un technicien Véolia avec un détecteur de métaux. Il lui apprend qu'elle est en fin de ligne (dans les canalisations d'eau). Il ouvre les vannes, et la canalisation se déverse de façon spectaculaire sur la route. Il lui apprend alors qu'il fait une purge car il a été détecté dans son eau la présence de CVM (Chlorure de Vinyle Monomère).  

Ce composé chimique de synthèse est utilisé pour la fabrication de plastique, comme les canalisations. Sauf que celles d'Anne se détériorent et se désagrègent dans l'eau, y laissant une forte présence de CVM. Anne fait ses propres recherches. Personne ne la tient au courant des risques pris à utiliser l'eau de sa maison. En effet, le chlorure de vinyle est classé cancérogène avéré, notamment pour deux formes de cancer du foie. Certains de ses emplois dans les aérosols notamment sont totalement interdits depuis 1976. Anne prend peur et alerte, mais personne ne lui répond. De temps en temps, elle voit passer les techniciens, jusqu'au jour où ils lui disent mettre en place des purges automatiques, à 50 mètres de sa maison, en pleine nature. 8,5 M3 sont donc déversés quotidiennement. Elle reçoit coup sur coup deux courriers de l'Agence Régionale de Santé, l'une en 2014 lui apprenant la présence de CVM dans son eau, puis en 2016, lui indiquant que les analyses sont désormais conformes. Or, les purges quotidiennes continuent et les techniciens l'avouent sans mal : ça ne marche pas. La présence de CVM est toujours avérée. 

Anne et son mari apprennent que 4 des maisons du village doivent subir ces purges quotidiennement. 

Bizarrement, la seule solution qui serait de remplacer les canalisations n'est pas retenue par la communauté de communes en charge du dossier de l'eau et de l'assainissement. Le responsable de la commission eau, Pierre-Yves Chalopin répond cependant à un appel d'offres sur la commune d'à côté, la sienne, laissant Anne et ses voisins utiliser l'eau contaminée. 

" Je suis déjà malade, je suis obligée d'utiliser des bouteilles d'eau de source. Mais je viens d'apprendre que les vapeurs d'eau aussi peuvent être dangereuses, cela signifie que je ne peux même plus prendre de bain ou de douche pour calmer la douleur induite par ma maladie." Anne fustige. Elle interpelle les élus, le maire de sa commune refile la patate chaude à la communauté de communes. Le président de la communauté de communes lui répond dans une longue lettre, en allant même plus loin. Voici un extrait de son courrier : "Il va donc nous falloir arbitrer en faveur d’une décision, pas si simple car si des réseaux sont remplacés pour des dizaines de millions d’euros sans garantie que des CVM ne soient pas encore présents, nous aurons été mauvais en terme de gestion des deniers publics." 

Anne aujourd'hui fait bouillir son eau, et utilise 40 bouteilles d'eau de source par semaine. " Un vrai budget." Mais, elle l'a appris cette semaine, de façon encore non officielle "Véolia a indiqué qu'ils allaient prendre en charge mes bouteilles d'eau." 

Quelques questions alors se posent :  Pour quelles raisons, l'entreprise Véolia préfère-t-elle offrir des bouteilles plutôt que faire la mise aux normes de ses canalisations cancérogènes, si ce n'est pour des raisons financières qui mettent la vie d'autrui en danger ? Quels sont les risques de ces purges d'eau contaminée en pleine nature ? Qui devra payer ce gaspillage d'eau quotidien ? (Anne s'y refuse) Pourquoi et comment Véolia est-il autorisé à polluer et contaminer les gens et la planète? 

 

Éloïse Lebourg

 

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