Grégory Bernard adjoint à l'urbanisme, l'habitat et le logement

Publié le 11 juil 2018 dans Portraits

Publié le 11 juillet 2018, 

Elu à 28 ans pour la première fois, le cadet de l’hôtel de ville a pris le temps de trouver sa place dans l’équipe de la mairie. Aujourd’hui, Grégory Bernard occupe son deuxième mandat au conseil municipal et son premier en tant qu’adjoint à l’urbanisme, l’habitat et le logement. Il concilie parfois 50 heures de travail en tant qu’élu avec son métier de prof d’histoire-géo et français à mi-temps. Un emploi du temps de ministre qui ne l’a pas empêché de passer une matinée avec Mediacoop pour parler de ses engagements pour la ville de Clermont-Ferrand et de son rapport à la politique. 

Aussi loin qu’il se souvienne, il s’est engagé dans la vie collective. Au lycée, à la fac et encore aujourd’hui : « Très jeune, j’ai pris goût au travail collectif, l’engagement dans la cité et le combat. C’est devenu quelque chose de structurant dans ma vie. » 

En 2008, du haut de ses 28 ans, il arrive à la mairie et rejoint l’équipe de son prédécesseur Dominique Adenot. L'équipe municipale est très installée et Grégory Bernard cherche à  trouver sa place : «J’ai dû gagner ma place parce que j’étais très jeune. Il a fallu travailler plus c’est sûr. Mais c’est pareil pour les femmes ou les minorités... Ma jeunesse était aussi une force, parce que je comprenais des choses que les anciens ne  comprenaient pas. La moyenne d’âge à Clermont, c’est 34 ans... Je caricature un peu mais c’est gênant de se dire qu’on était représenté presque exclusivement par des gens de plus de 50 ans ! Moi, je connaissais la ville d’un autre point de vue, je pouvais prendre appui là-dessus pour défendre des positions. » 

En 2014, l’arrivée d’Olivier Bianchi à la tête de la mairie change la donne. L’équipe est recomposée et la jeunesse n’y fait plus exception : «Bianchi avait 30 ans de moins que son prédécesseur...  On a rééquilibré, pour avoir une certaine diversité. Ça a été un gros renouvellement générationnel.» La place de Grégory Bernard dans l’équipe bascule : « Pendant le premier mandat, j’étais moins visible, j’ai pris le temps de bien tout comprendre. C’est une étape nécessaire pour entrer dans le jeu politique. Avec le deuxième mandat, j’ai vraiment pris la responsabilité de conduire l’urbanisme de cette ville. » 

Sa priorité sera de remettre la nature au centre de la ville. À bas la vision hygiéniste d’une ville super bétonnée aux sols imperméables dont la seule qualité est d’être plus faciles à entretenir. Mais comment les auvergnats, entourés de volcans et forêts, pouvaient aspirer à une ville proche de celle de Metropolis ? «L’équilibre se faisait à une autre échelle justement.» Le gris pour la ville et le vert pour le week-end... « Mais je ne pense pas que l’être humain se sente bien dans une ville comme ça... Le paysage urbain est trop froid et inhospitalier... » Grégory Bernard, se positionne alors en rupture avec ce qui a été mené jusque-là. Il inverse les règles d’urbanisme qui prédominaient et impose la nature à l’intérieur de Clermont-Ferrand. Il en fait sa priorité, pour une petite question d’esthétisme mais surtout, de santé publique : « Il y a des études scientifiques qui montrent qu’en France, il y a 4 000 morts par an dues aux accidents de la route. C’est énorme et dramatique. Mais en comparaison, il y a 40 000 personnes qui meurent prématurément dans les villes à cause de la mauvaise qualité de l’air... et pour ça on ne fait pas grand-chose... » Il met alors en place le Plan Local d’Urbanisme, qui prévoit par exemple la limitation de l’extension spatiale de la ville et l’implantation de plus de vert dans nos quartiers. 

« Mon rapport à la nature a été une façon de me positionner. Je l’ai choisi comme grille de lecture fondamentale. Finalement, c’est la rupture qui m’a permis de me construire politiquement dans ce mandat. » Grégory Bernard parle de parcours de vie et d’évolutions plutôt que de grandes destinées, il croit au mélange de pragmatisme et d’ambition pour transformer la société. 

Pour lui, l’exercice politique doit se dé-professionnaliser et devenir une étape dans la vie des représentants, à Clermont comme à l’Elysée : « Je ne veux pas en faire un métier. C’est une fonction temporaire, et il faut continuer à faire quelque chose de sa vie à côté. Les professionnels de la politique perdent leur connexion avec la société.» C’est donc comme passager temporaire, qu’il continue sa vie d’infiltré : «Je me vois un peu comme un hacker parfois... Je rentre dans le système pour permettre d’avancer sur des choses. Aujourd’hui, mon investissement se fait de l’intérieur, mais plus tard je me positionnerai surement autrement. Je ne m’accroche pas plus que ça à ce poste. Et je peux avoir ce positionnement serein parce que j’ai une vie à côté, parce que je continue à enseigner. » 

Dans deux ans, son mandat prendra fin. Rester à la mairie ? Il ne sait pas s’il en a vraiment envie, 2 fois 6 ans, ça fait long... Ce dont il est sûr en revanche, c’est qu’il restera du côté de ceux qui luttent contre les injustices et pensent qu’on peut changer les choses... par l’intérieur ou en s’opposant au système. 

Gwendoline Rovai

 

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