1ère Pride à Clermont-Ferrand

Publié le 05 juil 2018 dans Reportages

Publié le 05 juillet 2018

Ce samedi aura lieu la 1èrePride de Clermont-Ferrand. Mediacoop a rencontré Sarah Vorster entre deux préparatifs. La porte-parole du collectif organisateur nous a parlé du programme et expliqué pourquoi et comment la Marche des Fiertés était née.

Appuyée sur un collectif fondé pour l’évènement, Sarah Vorster organise la Pride de samedi. L’idée a germé en mars dernier, quand Sarah croise Scott Marlin lors d’un évènement. Quelques semaines plus tard, lors d’une rencontre organisée par la Coordination des Groupes Anarchistes et Alternative Libertaire autour d’une projection du film Pride, ils fondent un collectif avec une vingtaine de personnes. Sarah se déplace là où elle peut trouver de l’inspiration, elle passe 3 week-end à Lyon pour rencontrer des militants : « J’ai essayé de m’inspirer de mes aîné.e.s, pour voir comment iels faisaient. On a beaucoup consulté des gens d’ailleurs. » Le collectif a aussi bénéficié de soutiens essentiels sur Clermont comme celui de Karine Plassard qui contribue à l’organisation en leur donnant des conseils juridiques et organisationnels, et d’autres militantes issues de l’association Osez Le Féminisme 63.

Ce samedi, après un défilé dans le centre-ville entre 14 et 18 heures, l’évènement se prolongera en soirée avec une fête sur la place du Mazet : « On a voulu faire ça dans ce quartier car ça n’a pas toujours un endroit safe pour nous. C’est un lieu où les LGBI+T n’avaient pas droit de cité, on se fait souvent agresser…  On voudrait le réhabiliter. » Le collectif, a donc décidé d’impliquer les bars et restaurants du quartier dans l’évènement : « Les commerces ont répondu à l’appel et ont accepté de coopérer avec nous. Après le défilé on se donne tous rendez-vous au BerGamothée et au Chapelier Toqué pour l’apéro ; et plus tard, on peut aller manger dans le quartier, plusieurs endroits comme la Grange Africaine ont préparé des menus spéciaux pour l’évènement.»

Une Pride à Clermont, jusqu’ici ça n’existait pas. Pour Sarah, les collectifs se freinaient car ils voyaient les choses en trop grand et se sentaient manquer de moyens. Mais, selon elle pas besoin d’avoir 2 000 personnes dans la rue : « Pour pouvoir devenir grand.e.s demain, il faut commencer par être petit.e.s. C’est un coup d’envoi pour un truc qui pourra durer dans le temps. L’important, c’est d’envoyer un message qui montre qu’on existe et qu’on peut faire une Pride même dans une ville de province ! À Clermont non plus les discriminations ne sont pas tolérables ! »

Des discriminations encore trop fréquentes pour la communauté LGBT dans tous les secteurs : l’emploi, les services de santé, l’accès au logement. Sarah est capable d’apporter des exemples de discrimination tirés de sa vie personnelle dans tous les secteurs. De la difficulté de se faire prescrire des hormones à des humiliations en instituts de beauté. La Pride est donc pour elle un moment de militantisme : « On va porter nos revendications devant la mairie, le préfet et l’ordre des médecins. On veut aussi rappeler qu’une loi contre les discriminations existe ! » 

L’important, pour Sarah est que l’évènement de samedi soit inclusif. En ce sens, le collectif a travaillé à utiliser une communication accessible à toutes et tous en évitant d’abuser du jargon LGBTI+ pas toujours simple à appréhender : « On aimerait que les personnes directement concernées nous rejoignent à l’avant du cortège. Mais on aimerait aussi que toutes les personnes qui se sentent alliées de notre cause et qui veulent nous aider à obtenir des droits civiques et nous battre contre les discriminations, nous rejoignent. Ceci n’est pas une « gay pride », c’est une Pride qui doit rassembler toute la grande famille LGBTIAP+ »

Plus d’informations sur le planning de samedi ici :

https://www.facebook.com/pg/Pride-de-Clermont-Ferrand-189537861658185/posts/?ref=page_internal

Gwendoline Rovai

 

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