Camille en direct de Notre Dame des Landes:  Il y a des reporters de guerre qui sont présents et qui sont choqués ​​​​​​​

Publié le 12 avr 2018 dans Reportages

Publié le 12 avril 2018,

Chaque jour depuis lundi matin, les violences des affrontements se sont intensifiées dans la zone à défendre de Notre Dame des Landes. Hier, la liste de personnes blessées s’est encore considérablement alourdie après une troisième journée qui a battu des records de violence. Camille, une zadiste toujours sur le terrain, nous livre son témoignage.

Dans un communiqué de presse ce midi, les zadistes rapportaient un total de plus 80 blessés. La gravité varie et les blessures sont causées principalement par des flashballs, des tirs de grenades lacrymogènes et, des explosions de grenades et leurs éclats. De nombreux cas de troubles auditifs liés aux explosions de grenade F4 ont aussi été constatés. Camille témoigne, « Ce sont des blessures de guerre, il n’y a pas d’autre mot. Hier, une copine avait des éclats de grenade dans toute la longueur de la jambe. »

Pour plus de détails, l’intégralité du communiqué de presse de l’équipe médicale de la zad a été partagé ici : https://zad.nadir.org

3 journalistes ont également été blessés et selon la préfète de Loire-Atlantique, Nicole Klein, il y en aurait eu une trentaine du côté des forces de l’ordre depuis le début de l’opération. Des blessures de diverses natures « traumatismes crâniens, sonores, fracture faciale, traumatismes et fractures diverses. »

Camille est extrêmement choquée de l’évolution de la situation. « Hier, c’était particulièrement violent. Ils ont lancé des grenades d’hélicoptères, c’est-à-dire à l’aveugle, sans savoir où est-ce que ça allait tomber».

Photo: Nantes Révoltée (https://www.facebook.com/Nantes.Revoltee/)

Selon elle, il y a un réel décalage entre la position des nombreuses personnes qui les ont rejoints récemment en soutien, et l’action des forces de l’ordre. Elle cite l’exemple du pique-nique organisé hier midi qui a réuni environ 1 000 personnes. « C’était très festif, il y avait de la musique et les gens mangeaient. Les policiers sont arrivés et ont commencé à gazer les gens. Cela a créé un mouvement de panique. Ils ont fait des tirs tendus, ce qui est très dangereux. La plupart des gens qui étaient là, ne savaient pas comment réagir ou se protéger. Il y avait tellement de lacrymo que, ça faisait un nuage opaque et on ne savait pas qui était qui. Les gens étaient désorientés. » Elle ajoute, « Beaucoup de personnes étaient extrêmement choquées, elles ne s’attendaient pas à ça. Ça leur paraissait fou, ils pensaient pouvoir faire une action pacifique… »

Hier, de nouvelles méthodes d’expulsions ont été rapportées par les zadistes dans un communiqué de presse, « La préfecture a aussi fait le choix de couper l’électricité dans les maisons en dur encore laissées debout, autour des habitats attaqués. Une femme enceinte et deux enfants en bas âge sont ce soir privés d’électricité. »

Selon Camille, « La position de l’état et sa posture agressive et hyper dangereuse pose question. »

Ce midi, sur TF1 Emmanuel Macron annonçait : « Tout ce qui était évacuable a été évacué". Camille s’interroge sur ces propos qui lui semble détachés de toute réalité « Il veut nous faire croire que c’est fini mais, on a eu des affrontements encore aujourd’hui. Ils ont défoncé des barricades et gazé des gens. Même si Macron dit que c’est fini, ça n’est pas fini du tout ici ! »

Camille témoigne d’une tension constante qui l’épuise, « Cette nuit de 1 heure à 4 heures du matin, il y avait un hélicoptère avec le projecteur au-dessus de la ferme où je suis. Je n’ai pas pu dormir. C’est oppressant et ça rend fou. Même dans les temps d’accalmies, ils essaient de nous pousser à bout. C’est du harcèlement. »  Elle ajoute « Il y a des reporters de guerre qui sont présents et qui sont choqués. C’est dire la violence. »

Tandis que, les journalistes ne sont toujours pas autorisés à assister à toutes les opérations, les zadistes tentent de partager des images qui ne soient pas le fruit des caméras de la police. Ce midi, ils ont publié sur leur site, deux vidéos qui font état de la situation sur le terrain.  La première montre successivement des images de la vie qui était menée à la ferme des Cent Noms, puis sa destruction lundi après-midi.

https://www.youtube.com/watch?v=94mJf6Lm1bg

La seconde, illustre les difficultés d’évacuer un blessé grave, notamment à cause de résistances policières. Elle montre aussi diverses scènes de heurts entre résistants et policiers.  

https://www.youtube.com/watch?v=WvUNRIBTtes

Des images qui contrastent avec celles diffusées par la police.

Alors même que la foule des militants venus de partout en France et de l’étranger sur le site a gonflée, les zadistes continuent à appeler toutes celles et ceux qui le peuvent à les rejoindre sur le terrain des affrontements.  Pour ceux qui n’en ont pas la possibilité mais qui veulent montrer leur soutien, de nombreux rassemblements continuent de s’organiser un peu partout en France et à l’étranger.

A Clermont-Ferrand, il y a un rassemblement aujourd’hui à 18h30 place de Jaude. Le rendez-vous est co-organisé par Génération Insoumise Clermont-Ferrand, Europe Ecologie les Verts Puy de Dôme, Nuit Debout Clermont-Ferrand, Luttes en commun Clermont-Ferrand-France insoumise, Solidaires étudiant.e.s Clermont Auvergne, Comité contre l’aéroport et son monde, Gauche Anticapitaliste Ensemble PuydeDôme, NPA Clermont et UNEF Auvergne. Mediacoop tient aussi à soutenir l’évènement et sera présent.

https://www.facebook.com/events/749371971922894/

Gwendoline Rovai

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