Colère des aides-soignants et infirmiers des urgences au CHU Montpied 

Publié le 03 aoû 2018 dans Reportages

Publié le 3 aout 2018,

Les aides-soignants et infirmiers des urgences du CHU de Gabriel Montpied tirent la sonnette d’alarme. Les manques de place et de personnel impactent la santé des patients et du personnel. Si rien n’est fait d’ici jeudi 9 août, ils envisageront une action de grève.

« En tant que personnel, ce qui nous pousse, c’est la prise en charge des patients dans les couloirs. Avant, c’était une situation exceptionnelle, maintenant c’est devenu quotidien. Ça n’est pas normal et ça n’est pas très professionnel. Il y a toujours un autre patient pas très loin et quand on demande les antécédents du patient, le voisin écoute… » explique Jérôme Martin, aide-soignant aux urgences du CHU Gabriel Montpied et syndiqué FO.

Une intimité mise entre parenthèses, qui est la conséquence du manque de place mais aussi d’une insuffisance de personnel : « Il n’y a que 2 aides-soignants la nuit -contre 6 le jour- pour gérer 4 secteurs de soins.  La nuit, il y a un petit peu moins d’entrées, mais c’est très variable et il y a des nuits où il y en a autant que le jour ! Tout le monde craque petit à petit, que ce soit psychologiquement ou physiquement. »

Didier Giraudet, délégué syndical Sud du CHU Montpied, détaille l’état des troupes : « Actuellement, sur les 40 infirmières, on en a 12 qui sont potentiellement présentes.  Ce qui fait qu’on tourne avec une très grande majorité d’infirmières qui sont sur des heures supplémentaires et donc qui accumulent de la fatigue et on sait les conséquences que ça peut avoir. On n’est pas aussi vigilant quand on est fatigué.  En plus, ce ne sont pas forcément des infirmières qui sont formées pour les urgences… Bien sûr, elles sont toutes diplômées, mais il y a des spécialités liées aux urgences qu’elles ne connaissent pas toujours forcément. »

Parmi les 28 postes restants, 14 personnes sont en vacances et 14 autres sont absentes comme l’explique le responsable syndical : « Pour beaucoup, l’absence est due à un surmenage. Il y en a aussi au moins 3 qui sont en arrêt suite à une agression à cause d’une mauvaise prise en charge… Il y a déjà une violence latente dans nos sociétés, elle est exacerbée quand le service n’est pas optimal. On en arrive à des gens qui frappent sur les infirmières. » Un cercle vicieux aux conséquences lourdes conclut Didier Giraudet : « On multiplie les risques d’erreurs de la part des professionnels et les dangers pour les patients. Il ne faut pas oublier qu’au bout, on n'a pas des pièces métalliques… on a des gens ! »

Hier, jeudi 2 août, ils avaient prévu de partir en grève, mais suite à une assemblée générale, il a été décidé par l’équipe d’infirmiers et aides-soignants avec l’intersyndicale FO, CGT, Sud et Unsa de reporter le préavis de grève d’une semaine.

La direction a donc d’ici jeudi 9 août pour faire des propositions précises et concrètes au personnel. A l’heure actuelle, elle n’a fait qu’évoquer l’idée d’une infirmière supplémentaire. Terriblement insuffisant pour Didier Giraudet : « Les premières réponses qui ont été apportées n’ont pas semblé acceptables pour le personnel. Le directeur général a accordé une infirmière mais il n’y a pas de date sur son arrivée, on ne sait pas si ce sera une personne formée ou pas… on manque vraiment de précisions autour de ça. Et pour les autres demandes, les réponses sont toujours les mêmes : non on ne peut pas, on n'a pas les moyens financiers, le budget ne le permet pas etc. »

Si les propositions s’avèrent insuffisantes, des actions seront certainement mises en place. Mais quels moyens de contestation reste-il au personnel alors qu’il travaille déjà à flux tendu, accumule les heures supplémentaires pour remplacer les absents et doit assurer un service minimum ? « Le problème aujourd’hui c’est qu’à l’hôpital, on n’a pas beaucoup de solutions puisque les gens sont assignés… On n’a pas de grand pouvoir, on est bloqué. » conclut Jérôme Martin.

Gwendoline Rovai

 

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Je suis infirmière à l'hôpital de LIBOURNE qui vient d'être reconstruit pour + de 150 millions d'euros !!! c'est bien beau et peut-être mieux aménagé pour les patients Mais pour les soignants c'est la galère tous les jours, depuis son ouverture en mars : suppression de postes ASH, tâches redistribuées aux soignants déjà surchargés, changement des horaires et trames de travail, effectifs calculés au minimum.
Les soins sont faits à la va vite, au pas de courses
Les arrêts de + en + nombreux ne sont pas remplacés et les "rescapés" restant travaillent en effectif dégradé.....
Cela est inadmissible, on ne fait plus un travail de qualité, mais "il faut que ça rapporte", on ne se soucie plus du patient mais de la durée de son séjour, des examens qu'il aura le plus rapidement possible.
Comment ne pas comprendre tous les autres hôpitaux qui souffrent tous autant, il est peut-être temps de se révolter contre ce pouvoir qui nous opprimé.

Ah enfin !!! On parle des aide-soignant... trop peu présents lors des manifestations,ce sont pourtant eux qui sont au plus près des patients... Métier où le professionnel n'est absolument pas valorisé,tant par sa paie que par ses actes... c'est une honte.

Commençons par faire payer la consultation aux urgences et il y aura moins de monde pour de la bobologie qui peut être prise en charge par le médecin traitant ou sos Médecins

il faut aider le personnelles maidical c'est une profession très difficile