Des nouvelles de la Palestine par un convoi de 8 clermontois

Publié le 30 nov 2017 dans Reportages

Un petit groupe de clermontois est parti en cette fin de mois de novembre afin de montrer sa solidarité au peuple palestinien. Parmi eux, deux viticulteurs qui y partaient pour la première fois. Entre rencontres et paysage, ils nous écrivent chaque jour...

Premier jour, premières impressions. ..À la rencontre de paysans palestiniens harcelés, encerclés par les colons à 20 km au sud d'Hebron dans deux villages Wadi Jcheich et Susya. Ce dernier a été détruit sept fois en 31 ans. Les 300 habitants survivent de maigre élevage et replante méthodiquement de jeunes oliviers dans un paysage semi désertique. Rési..gnation .Rési...stance. Le mot de Gilles voyageant pour la 1ere fois en Palestine "Ce que je vois est à la hauteur de ma désespérance."

 

Deuxième jour par Sylvain:

Samedi en route pour la ville ceinte  ( sainte ! ! )..Impression d'un voyageur Sylvain "C'est en bus que nous rallions Jérusalem via Bethleem. Nous traversons de vastes et riches espaces agricoles, puis quelques villages  palestiniens. Mais là encore, ce sont les barbelés et les blocs de bétons qui laissent cette impression constante de murs entre les civilisations. Et puis au détour d'un virage surgit un autre mur : le mur d'apartheid. Là la tension monte d'un cran quand au checkpoint les papiers de tous les voyageurs sont contrôlés par une jeune femme en arme lourde. Ce contrôle banal et habituel se passe bien et bientôt les remparts de Jérusalem apparaissent. Ce lieu des trois religions monothéistes semble être resté figé dans un autre temps. Souks et appels des muezzins d'un côté, ferveur et passion christique de l'autre, dévotion extrême enfin en ce jour de Sabbath. .D'un mur à l'autre. ..Celui des lamentations ."

Troisième jour vu par Yvan:

"Dimanche, retour en bus à Jérusalem où nous devons rencontrer Michael Warschawski ( MW). Tous ces déplacements permettent de mieux comprendre les difficultés, les brimades et les humiliations dont sont victimes quotidiennement les palestiniens. MW lui, a un oeil brillant et aiguisé sur la société israélienne: populisme, corruption et politique sécuritaire, les vieilles recettes d'un monde dirigeant dépassé qui tente, par tous les moyens de rester au pouvoir. Nous échangeons sur l'intérêt de la campagne BDS. Midi, M. doit nous quitter. Nous aurions pu rester la journée entière à discuter avec cet homme captivant. Départ pour ARRAM, banlieue de Ramallah pour rencontrer les parents de Salah Hamouri. Passage du check point. Même ambiance lourde, nous longeons le mur de la honte pendant les 2/3 du trajet. Le gris du béton et l'absence de perspective visuelle sont oppressantes. Nous sommes marqués par la dignité de la maman de Salah, le témoignage poignant d'une mère sur les conditions de détention de son fils. L'éloignement de la prison, l'absence de cadre juridique, le classement secret défense du dossier, la position du gouvenrment français, nous passons en revue tous les éléments en notre position. La colère froide du pèe de Salah restera longtemps gravé en moi. On sent, là, le poids de l'histoire de ce peuple, le combat familial inscrit sur plusieurs générations. Salah restera détenu au moins jusqu'en février. L'important pour nous tous de faire du bruit, d'éveiller les consciences à la veille de l'année d'Israël en France. "

 

Quatrième jour raconté par Greg:

"Hebron rime avec discrimination...Nous déambulons dans cette ville plusieurs fois millénaire, qui a été le champ de tant de cultures. La vieille ville est belle, ses pierres sont claires. Mais la vieille ville est aussi sombre et lugubre tant la discrimination qui s'y exerce noircit la vie. Ailleurs, en Cisjordanie, l'occupation illégitime par les colons se fait en dehors des villes, mais à Hébron, l'occupation s'exerce au beau milieu des quartiers palestiniens. Ainsi, les palestiniens hébronites sont comme prisonniers au sein de leur propre quartier, soumis à des restrictions dans leurs déplacements, soumis à une surveillance de tout instant, soumis à des violences morales ou physiques. Certains perdent espoir et abandonnent leur propriété, d'autres " défendent le terrain" et combattent pacifiquement l'occupation, c'est le cas des YAS ( Youth Against Sattlement) . Ces jeunes avec lesquels nous avons pu converser pendant deux heures résistent et luttent contre l'occupation, aidant les palestiniens afin qu'ils restent sur leurs terres, leur apportant soutien matériel, réhabilitant, construisant, manifestant et faisant oeuvre d'éducation populaire dans le monde entier. Le symbole de cette lutte et la tentation de la reconquête de la rue SHUADA, rue en territoire palestinien et pourtant fermée aux palestiniens depuis 1994. Pas de haine mais une farouche détermination à rendre la terre palestienienne aux palestiniens, quels qu'ils soient, quelque soit leur culture, leur confession..."

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