Le capuccino : bien plus qu’un café

Publié le 06 juil 2018 dans Reportages

Publié le 6 juillet 2018,

Passage au café le Capuccino. Le café chrétien au cœur de la ville, se veut un lieu d’accueil et d’écoute pour tous ceux qui cherchent de nouvelles oreilles. 

Entrer sans être vu au Capuccino, c’est mission impossible. Poser un pied à l’intérieur, c’est accepter de se faire accoster. Madeleine, bénévole tous les vendredis après-midi, s’approche de chaque passant hésitant devant la vitrine. Elle tend la main : « Nous ne sommes pas des commerçants, nous sommes là pour écouter des gens. » A peine le temps de finir sa phrase qu’un garçon d’une trentaine d’années rentre une salade à la main : « Je n’ai pas eu le temps de manger aujourd’hui, je me suis levé à 5 heures du matin. » Le débit de paroles est intense, il ne s’arrête plus. Madeleine est là pour ça, elle l’écoute patiemment et le relance naturellement : « Il faut le faire avec plaisir, si on aime pas écouter les autres, ça ne vaut pas la peine. » Le café est devenu un espace d’écoute important pour beaucoup : « Il y a des gens qui viennent régulièrement, on les connaît. On est un point d’ancrage pour certains, ils nous disent qu’on leur manque pendant les vacances. »

Derrière le bar, un bénévole en survêt et lunettes au bout du nez, colle l’oreille à une vielle radio. Il crie et partage sa joie. La France vient de marquer contre l’Uruguay, tout le monde applaudi. 4 femmes autour d’une table passe le temps en parlant. Deux paires d’amies qui se sont rencontrées ici et qui ne se quittent plus.

Le café chrétien le Cappuccino, s’est installé il y a 8 ans rue du port, ses adhérents pensent qu’il a participé à freiner le vide qui s’installait dans les environs. Dans la vingtaine de bénévoles qui font tourner le lieu : des retraités, des personnes avec beaucoup de temps libre et disponibles et bien sûr … des Capucins. Frère Ivan vient ici 1 ou 2 fois par semaine. Pour l’occasion, il enlève la soutane. En civil, il dit se sentir plus libre.  Il garde juste un petit chapelet qui dépasse de sa chemise et qu’il tournicote entre ses doigts : « L’idée à la base, c’était d’offrir un lieu où les visiteurs de la prison qu’il y avait à côté puissent se reposer. Mais la prison s’est déplacée à Riom et des gens d’un peu partout sont venus. Notre rôle s’est d’être témoin, de les écouter, j’évite de prendre position dans les débats. (…) On n’a pas une vocation particulière. On n’est pas un café philo, ou un endroit où on donne des adresses pour avoir des aides sociales, … L’objectif c’est de laisser les gens parler ou se reposer et ne rien dire s’ils ne veulent pas parler. »

Pour tous ceux qui veulent rencontrer des gens, passer un peu de temps là comme ça sans raison particulière, ou cherchent une oreille attentive, le Capuccino propose des consommations à prix mini plusieurs après-midi par semaine.

Gwendoline Rovai

 

 

 

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