Le fromage végétal, une alternative auvergnate

Publié le 14 mai 2018 dans Reportages

L’Auvergne est une région renommée pour la qualité et la richesse de ses fromages. Si certains comme le Saint- Nectaire ne sont plus à présenter d’autres, plus inattendus, restent à découvrir. Pour cela nous sommes allés interroger Caroline Poinas, fondatrice de La Petite Frawmagerie où elle vend avec son équipe, des fromages 100% végétaux.

 

Caroline Poinas est née à Clermont-Ferrand, elle assure : « je suis très fière d’être clermontoise de naissance ». Dès ses études elle s’oriente vers la vente avec un baccalauréat en commerce suivi d’une école préparatoire pour intégrer HEC. Cependant elle ne va pas jusqu’au bout de sa démarche, lassée des études : « cela s’éloignait de celle que je devenais et puis les études c’était pas trop mon truc ». Elle part alors en voyage pendant un an, principalement en Océanie. Elle effectue petit à petit une transition vers un mode de vie alternatif et devient végétarienne puis végétalienne. Ce n’est qu’une fois qu’elle est revenue en France que tout commence : « en rentrant j’ai décidé de faire quelque chose de concret ».

Après plusieurs expériences professionnelles qui laissent Caroline assez sceptique elle décide de mettre en œuvre son propre projet : « j’avais plus envie de travailler pour aider à réaliser les rêves de quelqu’un ». Elle part de deux constats, l’Auvergne est connue pour ses fromages et il n’existe pas de substitut au fromage pour les végétariens. Elle prépare ses premiers fromages végétaux dans sa cuisine, pour elle-même puis pour ses proches et rapidement le succès de son produit grandit « ça a pris une ampleur assez folle ».

En 6 mois, elle ouvre son petit magasin, une boutique en ligne où elle vend ses fromages. Elle est d’ailleurs la première dans son genre en Auvergne. Pour tous ceux qui se questionnent encore sur l’existence des fromages végétaux, leur création est assez simple. Tout part d’oléagineux (noix de cajou, tournesol, sésame) que l’on mélange avec des ferments lactiques avant de les mettre à l’étuve. Les bactéries vont venir éliminer le glucose dans la pâte puis vient la partie assaisonnement. Le résultat final est étonnant, « c’est la création d’un nouveau produit qui est le plus sain possible ».

Le fromage végétal est plus cher en coût de production que le fromage classique. De plus, toute la gamme proposée est biologique, « il y a une démarche qui est réellement éthique », avec des matières premières saines, de qualité et l’absence de plastique pour l’emballage (sauf étiquette). Chacun peut venir sur place pour acheter le fromage en vrac s’il le désire.

Cette création est un succès puisse qu’il existe une forte demande sur le territoire, des magasins bio aux fromageries en passant par les restaurateurs, « et ça dépasse les frontières !» avec plusieurs sollicitations à l’étranger.

Mais pour Caroline Poinas, ce qui est essentiel dans sa démarche c’est de laisser le choix, « si on ne crée pas du changement on crée un élan vers l’alternative, après le consommateur fera le choix lui-même ». Elle constate l’évolution des mentalités à travers sa clientèle d’abord composée de végétariens, puis de curieux toujours plus nombreux et intéressés. Si La Petite Frawmagerie existe depuis plus d’un an, elle songe aujourd’hui à s’agrandir, tout en restant sur ce territoire qui lui est cher. Enfin, elle n’a pas vocation à propager le mode de pensée végan, mais bien de créer une alternative, « oui le projet est végan mais il n’est pas politique ».

Louis Cuzin

 

0 Commentaires

Ajoutez le vôtre

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.