Place du 1er mai : Des élus se mobilisent

Publié le 06 oct 2018 dans Reportages

Publié le 6 octobre

 

Alors qu'un campement de migrants ( demandeurs d'asile, réfugiés et déboutés confondus) ne cesse de grossir depuis un mois, atteignant ce week-end plus de 300 personnes dont 90 enfants, certains élus de la métropole ont organisé une conférence de presse afin de dénoncer l'immobilisme des pouvoirs publics et demander l'hébergement de tous. 

 

Ils sont une poignée représentant les élus de la métropole, mais suffisamment en colère pour donner de leur voix. Ils ont adressé un courrier au préfet et demandent l'hébergement de toutes les personnes coincées sur le camp. Marianne Maximi (élue Insoumise à Clermont-Ferrand) déplore la répétition de la situation " Tous les ans, c'est la même chose. En 2013, les associations avaient gagné en référé, c'est ce qu'il se passera encore cette année, mais là, on vous parle d'une urgence absolue poru ces familles. On parle des droits et devoirs de ces hommes et femmes mais là, actuellement c'est la préfecture qui ne respecte pas la loi. et le département en charge des familles et des enfants...

Pascal Guittard, élu Générations à Cébazat en appelle à tous les élus, quelque soit leur couleur politique. " De gauche ou de droite, on doit tous être touchés par les notions d'humanité et de fraternité". Il n'oublie pas de remercier les associations et les citoyens qui à eux seuls gèrent le camp. Il rend surtout hommage aux gens qui ont fui avec courage leur pays, et s'excuse du peu de savoir-vivre que la France leur réserve en guise d'accueil. Lui aussi demande a ce que chaque mairie de la métropole en appelle à la responsabilité en " prenant leur part". 

Florent Naranjo (conseiller municipal insoumis de Clermont-ferrand) rappelle qu'il existe entre 5000 et 10 mille hébergements vacants sur toute la métropole. " On ne peut même pas dire que nous n'avons pas les moyens d'accorder des droits élémentaires à ces être humains. On ne peut même pas entendre l'opposition qui est systématiquement faite entre migrants et SDF. Il y a chez nous de la place pour tout le monde!"

François Ulrich, conseiller municipal de Beaumont, lui parle des 77 millions dépensés pour un stade inutile alors qu'ici on parle de vies humaines. " Qu'on ne nous dise pas que nous n'avons pas les moyens! Nous avons un budget de 230 millions d'euros. la priorité doit être den e pas laisser les gens dormir dans des tentes! Nous sommes dans le plus grand des cynismes!" 

Une représentante de la mairie d'Aubière, quant à elle, parle de son malaise à recevoir dans l'école de sa municipalité quatre enfants qui chaque matin partent du camp pour se rendre sur sa commune. " On ne peut pas laisser des enfants vivre ainsi..." 

A Ménétrol, une élue réitère tout le soutien de sa municipalité à ne plus accepter ces conditions d'hébergement. La maire de Ménétrol passe régulièrement sur le camp, filer un coup de main. 

Un habitant du camp ose prendre la parole. Il explique être arrivé en France depuis 10 ans et n'avoir toujours pas de droits dans ce pays. Aucune aide médicale ou financière contrairement à ce que certains médias tentent de relayer. Pourtant, ses enfants vont à l'école, sa femme est malade, et lui ne peut pas travailler légalement. " J'ai tout perdu là-bas, je n'ia rien retrouvé ici..."

La conférence de presse se termine par un appel pour la manifestation du lundi 8 octobre à 18 Heures place du 1er mai, pour dénoncer ce campement de fortune tenu par des citoyens solidaires. 

 

Eloïse Lebourg

 

 

 

 

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